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Par delà les rêves... Surtout ceux en chocolat..A la recherche de la clé du bonheur... June 09 C'mon'. Je sabote avec une obstination déraisonnable mes relations, c'est stupidement répétitif. Cela en devient banal et ennuyeux. Et puis dans quelques années ensoleillées ou grisaillantes je n'aurai plus rien à saboter, casser, ni même froisser. Cela sera platement froid. Il n'y aura plus les après-midi à cuisiner pour les amies de longue dâte, les attentes devant Notre-Dame, les peluches à offrir aux anniversaires, les photographies tendrement ratées, les projets à court terme et les messages rieurs tard le soir. Il n'y aura même plus ceux qui sont toujours là et que je ne peux pas effacer. C'est un peu dommage.
Et puis aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon énorme monstre velu.
May 29 Oh, j'ai envie d'écrire ici.Ouf, c'est enfin terminé !
Le travail, les contrats, le lycée sans le lycée, la panique, la microéconomie, le droit communautaire, ceux qu'on aime, qu'on oublie ou qu'on grimace, la fatigue, les concours, les demi-étages, la ligne 9, les objectifs de la BCE et les trente minutes de préparation.
Et puis le droit des biens, l'escalier peint en mauve et vert, les tables de classe bancales, la tension, les centaines de pages à ficher, la macroéconomie, les dix minutes d'exposé-dix minutes d'entretien, les rires de nervosité, la responsabilité civile et les bavardages en cours.
Oups, c'est déjà terminé...
November 06 By the way, a few news. J'ai le coeur qui s'enbordélise, qui s'empagaille. Mais aujourd'hui, je souriais aux visages ternes des transportés en commun fatigués. J'ai toujours des converses et je marche toujours sur mes lacets. Je tricote mes mots, les brode puis jongle avec. C'est plus amusant ainsi. Et moins risqué. J'ai fait quelques choix. Je vais plutôt bien pour une rêveuse trébuchante de dix-huit ans. Et que c'est bien de rire à en perdre haleine sur un pont de Paris. C'est presqu'aussi bon que de se confier à des amies de toujours. Je crois savoir ce que je veux. Je ne sais juste pas comment. J'avance à petit pas prudents qui se heurtent. Et puis, on est heureux d'avoir l'excuse du film émouvant pour pleurer dans le noir d'une salle de cinéma. Chostakovitch est de retour. Vincent Delerm a raison dans ses chansons et me serre encore plus le coeur qu'avant. Les Etats-Unis ont laissé un vide gigantesque au fond de mon estomac. Je suis désespérement snob, et peu fière de l'être. J'ai envie de lire "Au coeur des ténèbres". Là, tout de suite maintenant, je voudrais faire hurler la musique dans ma maison. Boire des litres de tisane en me brûlant les doigts. C'est déjà la pèriode de froid et les illuminations ne sont pas loin. Je compte des jours sur mes doigts. J'ai appris à utiliser le lait de soja. Bref, je n'ai pas beaucoup changé en quelques mois. Et je m'enbordélise et m'empagaille encore plus. C'est bien.
June 14 Sis'you. Fuck. Déjà un an. Jamais le temps n'a parût autant courir, se presser, faire la course, se dérouler sans à coups. J'aurais aimé plus de calme, plus de paix et des réponses. J'avais allumé beaucoup de bougies de foi pour cette année, mais je suis simplement restée assise au fond de la salle à tenter de coordonner mes mouvements pour accélérer. Alors, les bougies, j'ai compris, cela ne fonctionne pas. Pour tout dire, cela fût une année fatigante: j'ai des courbatures de fatigue, mon corps crie grâce et mon cœur est épuisé de battre si fort. Et maintenant, je suis fatiguée.
June 05 Moi, avec le "j" en majuscule.Franchement. J'ai dix-huit ans. Je suis extrémement orgueilleuse. Et puis j'aime toujours trop fort, à m'en balancer le cœur contre des murs blanchis à la chaux. Je lis bien trop tard le soir. J'aime le film "Arizona Dream". Sinon, je chante sous la douche, particulièrement Madonna-Mylène Farmer-Vincent Delerm-Noir Désir-Dionysos-. Je déteste parler de mes sentiments mais j'aime les écrire. Je suis lâche et je ne l'assume pas. J'ai connu des "quelqu'un" qui s'appelaient Anna, Lisa, Benjamin, Nicolas et bien sûr Esther. Je me trompe souvent à propos des gens. J'ai beaucoup trop de paires de converses. Mon auteur préféré c'est Albert Cohen. Je n'ai jamais vu le film Grease. Je me souviens de centaines de sourires dans la neige avec Thomas. J'ai le cœur qui bat à s'en décrocher et à tomber sur les pavés.lorsque je passe devant Notre-Dame. J'ai beaucoup de souvenirs amers qui brulent l'estomac et qui affaissent les épaules. J'aime Sis' même quand il me tord le visage à sa manière. En fait, j'aime Sis' tout court. Je ne fais confiance à personne, même si j'essaye. J'ai peur d'être abandonnée, de ces peurs viscérales qui font se tordre au sol. Quand j'aime, j'aime complètement: j'aime les grands défauts, les faiblesses, les bassesses et les failles. J'aime les cotés grisaillant que l'on tente de cacher sous des collants épais ou sous des pulls à manches longues. J'aime les ongles rongés, les peurs imbéciles, les bégaiements, les plaintes aux téléphones, les retards, les doutes, les bordels innommables, les couettes sans housse, les voix mal placées, les fautes d'orthographe, les montagnes de linge sale et les maquillages ratés. J'ai eu envie de me vider de mes larmes devant Bryce Canyon. Je suis une adolescente et à ce titre je suis un peu découragée, un peu perdue, et j'ai le cœur qui bat trop vite. Ma desperate housewives préférée c'est Bree. Je joue de manière acerbe avec les mots. J'ai trop lu alors la vie me parait bien décevante. J'aime à me briser. J'ai toujours hâte d'éteindre la lumière le soir pour me mettre à rêver. J'ai déjà voyagé dans plusieurs continents. Et je rêve d'ailleurs, d'arrivées de nuit en avion, de dialectes nouveaux et de visages inconnus. J'ai foi en la vie lorsque je prend le temps de marcher plus lentement. Et derrière mes remarques ironiques et mes phrases blessantes j'ai envie de leur dire que je les aime éperdument, aveuglément car ils sont ceux qui ont toujours été là. Parents, de vous à moi, je refuse de lâcher vos bras. J'aime déambuler dans les musées sans toujours prendre le temps de lire toutes les explications. Et puis les gateaux spirits, les boissons gazeuses, le rhum, la glace au caramel au beurre salé, le humus, les olives vertes au piment, les épinards, j'aime. J'ai les doigts trop petits et les oreilles aussi. J'aime Babycakes même lorsqu'il prend sa voix bizarre pour parler à Poupoune, lorsqu'il se moque de nous tout haut mais nous aime tout bas, lorsqu'il ne sait pas, qu'il refuse, qu'il doute, qu'il râle, qu'il n'écoute pas, qu'il s'en fiche et qu'il refuse de lâcher l'ours. J'aime cuisiner, je met la musique trop forte et je verse les ingrédients en rythme. Et comme je n'ai que déjà dix-huit ans, je doute tous les jours. Je ne sais pas mais je ne suis pas sûre de vouloir savoir. Je me mens à moi-même avec assiduité et force. Je flippe à mort. Je suis une effrayée qui rit de son effroi, une fatiguée qui clôt les yeux de sa fatigue et je suis une véritable droguée du chocolat. June 04 Trés chers."Mon premier c'est désir.
Mon deuxième du plaisir. Mon troisième, c'est souffrir. Et mon tout fait du souvenir." Mon premier pourquoi pas, mon deuxième ça va pas, mon troisième on reste coincé là. Mais il y a mon tout. Et ses après-midi à plonger dans le passé seule ou accompagnée. On a la tête plein de mots dits trop forts, de coeurs qui battent trop bas et puis d'images qui se floutent avec le temps.
Nous sommes déjà quinze ans plus tard, même si encore maintenant, même si encore en Deux, Zéro Bis, Eight. Et j'ai devant les yeux les couleurs un peu pâles des nuits blanchies les paupières grandes ouvertes dans la pénombre et les fous rires nerveux de fatigue que l'on étouffe à peine et quelques déjeuners assis en tailleurs. Je ressentirai encore des pincements au creux du ventre et des picotements sur les paupières de ne pas avoir dit, hurlé, crié et avoué. Les brûlures au creux des mains des souvenirs dont on a perdu le goût de tendresse sur la langue. Et puis, il y aura des lambeaux de mémoire que l'on voudrait jeter contre le plancher à les briser, ces photographies à déchirer en morceaux et à brûler avec un briquet, ces mots à piétiner, ces regards à rouer de coups, ces journées à enterrer six pieds sous terre et ces personnes que l'on voudrait à terre sous nos pieds. J'oublierai les chansons que j'avais coutume de chanter, les sensations de mains des personnes que j'aimais entre mes doigts, la technique pour réussir la meringue de la tarte au citron, les détails des visages que je connaissais par coeur. Mais comme je n'en suis qu'à mon premier, je désire garder mes deux rochers, mes deux cordes à attraper lorsque je coule, mes deux imbéciles de jeunesse, passionnés de vie. Je veux leurs rires plein les poches et nos souvenirs aux coins des yeux. Quitte à ne les avoir que sur papier glacé. Mais déjà sur papier photo éclairé par des lumières indirects May 29 Noir Désir me manque."Je n'ai pas peur de la route / Faudrait voir, faut qu'on y goûte / Des méandres au creux des reins / Et tout ira bien / Le vent l'emportera / Ton message à la grande ourse / Et la trajectoire de la course / A l'instantané de velours / Même s'il ne sert à rien / Le vent l'emportera / Tout disparaîtra / Le vent nous portera / La caresse et la mitraille / Cette plaie qui nous tiraille / Le palais des autres jours / D'hier et demain / Le vent les portera / Génétique en bandoulière / Des chromosomes dans l'atmosphère / Des taxis pour les galaxies / Et mon tapis volant lui / Le vent l'emportera / Tout disparaîtra / Le vent nous portera / Ce parfum des années mortes / Ceux qui peuvent frapper à ta porte / Infinité de destin / On en pose un, qu'est ce qu'on en retient ? / Le vent l'emportera / Pendant que la marée monte / Et que chacun refait ses comptes / J'emmène au creux de mon ombre / Des poussières de toi / Le vent les portera / Tout disparaîtra / Le vent nous portera " chantait "Noir Désir".
Alors avec la brise glacée du matin partiront le goût de la pâte à sel et tous les mots de notre fantaisie imagée. Les violentes bourrasques du soir emporteront les phrases incomplètes dites du bout des pupilles, les heures de jeunesse aux épaules nues à laisser filer le temps et aussi ce pour quoi on est debout aujourd'hui. L'air iodé des plages balayera les lectures de mon enfance que je voulais imiter, ma foi en aprés-demain, la confiance qui fait marcher au bord du vide yeux fermés et bras tendus et les surnoms que nos sourires se donnent. Le vent nous portera vers d'autres horizons sans odeur de bougies dans le soir, ni rage et violence sanglantes des jeunes années. Les demains qui paraissent trop dilués se révèleront décevant, désilusionnants, cassants, aveuglants et écorchants. Mais ce seront encore des jours de foi innocente, de mains qui s'entremêlent et de lectures à citer dans les conversations. Un demain où en se regardant dans le miroir en pied de notre chambre on se trouvera grandi et tout à coup autre. Et puis on se sourira peut être avec timidité. On osera, on se battra, encore et sans bien savoir pourquoi, mais on continuera à se débattre en repoussant du pieds les interrogations. On trouvera d'autres choses pour quoi être debout. En tout cas, il faut y croire. Il nous faut garder la douce illusion de ces lendemains doux-amers, et trouver au bout de nos mains subitement vides, dans notre seul battement de coeur et dans notre respiration qui n'a pas de souffle étranger sur lequel se régler, la force et le courage de regarder les jours entre les deux yeux. Enfoncer nos ongles dans les espoirs insensés, dans les amours débordants, dans les "eux" qui nous entourent. Et même si les espoirs se cassent la figure, les amours se révèlent douloureux et les "eux" bien trop loins, savoir que le vent nous portera vers un autre jour de la semaine. Et on jette derrière nous des débris de vie, on laisse au bord du chemin parfois les mauvaises personnes, on baisse la tête et on ferme les yeux mais on avance dans le mois. Sis' dirait 'Tantédaycékoua. Et heureusement. Mais si le vent emporte les soirées où Sis' me maquille mal, les séances de cinéma à m'agripper aux mains de Babycakes, la présence constante de G.O., les sms étonnants de mon père, les livres défoncés de ma mère et ces instants qui explosent de souriante vie, je ne suis pas sûre d'avoir de quoi m'agripper. Ennuyeux.
May 27 Millénium m'ennuit.Le temps est glauque et les nuages ruissèlent. Et dire qu'avant on recherchait les gouttières et on frémissait au contact des gouttes contre notre nuque. Mais, aujourd'hui, le temps est juste couleur béton mal balayé et on évite les gouttières. Alors. Point. C'est tout. Et j'en ai marre en fait. Tout court. Et puis pas long non plus. Juste court. Et j'ai envie de taper sur le clavier, parce qu'ainsi les mains sont occupées, et le cœur concentré sur le tic toc du clavier. Alors, juste des mots. Et j'ai les épaules qui se courbent, déjà. Alors musique trop forte et "Goodbye Sam.". Et j'ai envie, je désire, je souhaite, je veux. Mais en silence. C'est tout de suite plus facile, plus évident et moins risqué. De toute façon, il pleut. Faulkner est définitivement excellent. Mais à mon avis Stieg Larsson l'est nettement moins. C'est décevant. Alors, les mardis au temps pluvieux et aux livres de cours trop lourds étalés sur le canapé: décevants. Certains autres jours de la semaine le sont aussi. Mais j'ai du rouge à lèvres rouges et pour tout dire, on se voit étrangère sur les photos. Je cherche bien loin ce que j'ai à quelques rues de chez moi. Mais c'est en silence. Non, vraiment, Stieg Larsson n'est pas bon et je ne lirai pas les deux autres tomes. En fait peut-être. Bon, moi je n'aime pas l'anglais et le français m'enchante. Mais Faulkner en anglais, cela doit rester excellent. Enfin, il ne pleut plus, mais le temps est toujours détrempé. "See you Sam.". May 17 BostonNewYorkPhiladelphie. J'ai besoin de départs seule en avion. D'arrivées en terre inconnue, entourée de visages peu familiers. De jours trop longs, emplis de décallages horaires et d'yeux aux cernés par le manque de sommeil. Il me faut du temps pour me mettre entre virgules ou parenthèses. Des heures de kilomètres posés du bout des doigts entre ma vie des jours présents et moi mise entre deux parenthèses. Je sais pourtant ces jours mal ortographiés et remplis d'aimante sollicitude. Des jours-minutes-semaines d'échanges rieurs, de doigts qui s'entremêlent et de foi avec bougie à la main. Mais les kilomètres placés du bout des ongles manucurés ne sont que provisoires. Mais avant de les balayer d'un revers de main rapide, il me faut ranger ce bonheur aux couleurs chaudes dans le coin droit de ma valise rouge, pour aller seule et d'un pas hésitant de l'autre coté des vagues, puiser force calme et puissante paix. Sinon je sais les attractions à descentes trop violentes qui m'attendent. Je ne connais que trop bien mes virages brutaux, mes éclaboussures trempées et ma croyance qui court les yeux clos vers le vide.
J'irai donc loin, et j'irai en m'enfermant et me baïllonnant dans une des ruelles sombres de Paris.
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